Acte premier – Scène XVIII

par Georges Grammat

Pélopidès pouffe.

Pélopidès        Comment la supportes-tu ?

Téléphas        Dois-je me répéter ? Je l’aime.

Téléphas travaille encore un peu, regarde son œuvre, opine, puis pose coupe et fusain.

Téléphas        Assieds-toi et causons. Ta démarche m’intrigue. Quel bon vent t’a poussé dans cette ruelle ?

Pélopidès se rhabille, de dos, puis va regarder le vase que vient d’achever Téléphas. Tous deux se regardent. Téléphas se permet un petit rire.

Téléphas        Ton père te reconnaîtrait-il ?

Pélopidès hoche la tête et soupire, manifestement conquis.

Pélopidès        Oui, Téléphas… C’est bien moi et, plus encore… Le regard, profond… d’une intense pureté.

Téléphas        Une simple esquisse. Tu ne m’as pas répondu

Pélopidès revient lentement vers l’olivier et le caresse. Il en arrache une feuille qu’il hume. Ceci pendant sa réplique.

Pélopidès        Par la porte Dipylon, je suis entré à Athènes. Rue des Trépieds, j’ai vu travailler Praxitèle pour qui posait cette coquine de Phryné. Elle m’a souri. Lui m’a offert à boire. Puis, sur l’Acropole où passe un souffle d’éternité, j’ai assemblé un bouquet de fleurs de camomille que j’ai déposé au pied de l’olivier sacré d’Athéna. Les marches redescendues, je me suis régalé d’un poisson grillé arrosé d’une coupe de vin de Samos… Enfin, ton olivier, j’ai vu… et je me suis arrêté.

Téléphas va s’asseoir au bord de la fontaine

Téléphas        Etait-ce le seul, hormis celui d’Athéna ?

Pélopidès        Le seul, chez un potier, assurément… Chez le plus grand des potiers.

Téléphas        Moi, je te désaltère et toi, tu me paies en ironisant.

Pélopidès minaude.

Pélopidès        En posant.

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