Acte deuxième – Scène XV

par Georges Grammat

Atticos retourne s’asperger puis va s’asseoir sur le banc. L’homme est gros et la chaleur le rend mal à l’aise. Téléphas réapparaît avec des coupes et une amphore. Il rejoint son beau-frère et sert à boire.

Téléphas        Informe-moi, beau-frère… Que me vaut ce retour subit ? Tu me négligeais quelque peu, ces temps-ci. Que fait ta femme ?

Atticos        Plongée dans ses tissus, elle en oublie le monde. La tienne ?

Téléphas, souriant, tapote la cuisse d’Atticos.

Téléphas        Tu l’as vu dormir.

Ils se sourient, boivent. Un temps.

Atticos        Dis-moi, dis-moi… tout ceci me paraît bien étrange. L’arrivée de cet étranger mi esclave-mi négociant…

Téléphas        L’éclair, le tonnerre… et la peste qui éclate, spontanée, et tue la moitié de la cité… et disparaît en laissant l’autre moitié indemne, ne sont-ce point là choses tout aussi étranges ?

Atticos        Les Dieux nous les envoient, à coup sûr.

Téléphas        Et les Dieux, comment les expliques-tu ?

Atticos soupire

Atticos        Je fais comme avec Pyrrhine, j’élude.

Téléphas        Quelque potier, que sa femme jour après jour – en l’accablant de questions incongrues -, place dans l’embarras, se met en tête d’inventer les Dieux… ce qui le dispense de lui expliquer le monde.

Atticos s’esclaffe.

Atticos        Et qui lui souffla cette idée ?

Téléphas        Et qui pouvait avoir idée aussi saugrenue ? Une autre femme ! Tiens, voilà Pélopidès qui revient.

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